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Mais nulle autre ne voit la faille Qu’une enfant Attirée dans ces parages Par le silence
Au lendemain Le long du fleuve ensanglanté Les peuples des deux rives Armés de pales et de faux Ratissent la broussaille
On retrouve Les doigts accrochés à la touffe d’épines Une autre enfant Muette Que nul ne reconnaît
Quelqu’un la penche sur son épaule Quelqu’un l’attendrit sur la peau de son ventre Quelqu’un croit l’enivrer d’un bercement sourd D’une mourante consolation Quelqu’un la revêt d’une robe de femme Quelqu’un la pose dans un écrin
Les peuples À dater de ce moment-là Reviennent écouter Tomber de sa chevelure Le beau silence sombre
Comme l’hiver sans nom L’image le désert
Mais l’enfant À leurs chuchotements Garde toujours ouverts Ses yeux cernés de longues craquelures
Revenue chaque matin De convulsions nocturnes Et de l’errance
Où personne n’ose la suivre Ni même relever au lendemain La trace de son pied nu dans la vase Du fleuve
Dont on dit que maintenant L’or est devenu Intouchable
(extrait de Sang et Songe, in La Lente mue des Paysages) |
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