A paraître en février 23 aux Impressions nouvelles

Où il serait question moins d’un voyage que d’un lâcher-prise progressif.

     Un lâcher d’oiseaux

Comme une barque qui glissant au fil de l’eau perdrait l’une après l’autre ses amarres.

Au commencement j’étais accroché à un monde, j’y croyais sans y croire, j’y usais toutes mes forces.

Puis il y eut la rencontre avec Charlie Mutzinger et par lui quelques personnages qui appartenaient au Cercle des oiseleurs. Lire la suite

Minuit passé, alors qu’au bas d’un escalier sinistre la double porte capitonnée venait de se refermer sur une crypte rougeoyante, martelée par le darbouka. Juchée contre le zinc du bar, une fille blonde releva la tête de son verre et me dévisagea la lèvre humide. Zia frôla ses jambes nues et les lumières passèrent au bleu. Sur la scène, derrière deux pilastres, un batteur métisse s’essuyait frénétiquement les paumes à la peau du tambour, actionnait du pied un hochet de caisse sombre, et sa tête d’ange frisé flottait au-dessus de l’océan du rythme, acquiescant en cadence : oui, oui, oui… Derrière lui, dans le faisceau du projecteur, une guitare était posée contre le mur, ainsi qu’un énorme saxophone basse, signe que les autres musiciens étaient partis se chercher à boire dans la pénombre redevenue rouge, où ça riait, ça hurlait, ça fumait, ça hissait au-dessus des têtes des plateaux de bière suante… Au Pacomshagi. Lire la suite